Le ventre des femmes

Quel mystère. Depuis quelques jours, chaque femme que je croise me parle de son ventre.

Spontanément. Peut-être cherchent-elles une réponse chez la médecin que je suis.

Ou peut-être leur sorcière intérieure a vu ma sorcière intérieure.

Je suis fascinée que le ventre soit le siège de souffrances parfois atroces, physiques, se manifestant par des troubles digestifs difficiles à traiter, des troubles gynécologiques où la honte est un sentiment bien présent, ou encore des troubles urinaires à répétition qui inhibent l’élan vital.

Et ce ventre est aussi la matrice, la maison de la créativité, le nid, qui peut héberger une âme qui a décidé de s’incarner, tout comme un projet qui nous vient des tripes.

Serait-ce une médaille avec ses 2 revers ?

Et si le chemin était d’accueillir cette souffrance, cette incompréhension, pour les transformer et nourrir notre créativité avec cette énergie du ventre ?

 

Un ventre cuirassé

Une véritable carapace de protection. Une armure. Un colon irritable en crise. Une péritonite.

Un ventre qui brûle de l’intérieur

Un feu qui ne peut pas s’exprimer à l’intérieur. Un ventre qui a été brûlé pour avoir été en dehors de la norme. Un ventre soumis à une injustice. Brûlures d’estomac. Colites. Rectorragies. Pyélonéphrite. Cyctite. Calcul du rein.

Un ventre qui s’arrête

Un ventre tétanisé. Un ventre qui se protège. Ballonnements. Constipation.

Un ventre qui grossit

Un ventre qui retient. Un ventre figé.

Un ventre qui ne saigne plus

Un ventre qui se protège de sa fémininité.

Un ventre qui se putréfie

Un ventre qui meurt de quelque chose.

Un ventre qui saigne

Un ventre qui saigne en abondance. Un ventre qui perd une âme. Un ventre violenté.

Un ventre qui pleure

Un ventre qui porte la tristesse des femmes. Un ventre en deuil.

Un ventre qui sort

Prolapsus. Un ventre qui a soutenu les autres et qui n’a pas été soutenu.

Un ventre infertile

Un ventre bloqué dans sa créativité. Un ventre soumis aux lois de la société.

Un ventre qui s’assèche

Un ventre constipé. Un ventre qui demande la source, l’eau, l’onctuosité et la rondeur de la vie.

Un ventre qui crie « à l’aide ! »

Un ventre prêt à être entendu et accueilli.

 

 

                    J’ai moi-même traversé ce dédale du ventre qui parle, sans savoir quoi faire avec, et me sentir perdue, coupable, différente. Une crise de brûlure d’estomac pouvait se manifester au niveau du diaphragme, m’empêchant de respirer, de manger, de boire, de dormir pendant plusieurs heures. Elles arrivaient surtout la nuit (où tous les chats sont gris…).

Après avoir méticuleusement vérifié le diagnostic clinique, pris les traitements adéquates, éliminer un cancer, changer mon alimentation, mon symptôme à supprimer est devenu un signe guide. C’est à dire que mes crises ses sont estompées, les poussées se sont raréfiées, mais quand elles re-apparaissaient, je sentais que ça se jouait à un autre niveau que le niveau physique.

Une émotion non digérée. Une contrariété. Un planning trop chargé. Une injustice que je n’avais pas accueillie. Je prenais le temps d’accueillir et de remercier ce signe. Et préparais l’espace de guérison. Ici, ce sont des plantes rafraîchissantes qui m’ont apaisée ce feu.

Puis est arrivée une étape où c’est ma sorcière qui m’a éclairée : pas d’émotion, de situation venant de moi comme déclencheur. Une sensation d’être un canal, pour que d’autres femmes puissent à travers moi vivre leur transformation, leur guérison. Femmes d’ici ? Femmes d’ailleurs ? Femmes du passé ? Femmes du futur ?

Je ne sais pas. Ma partie rationnelle a même peur que vous me preniez pour une folle (à brûler sur un buché), et pourtant quelque chose en moi de profond me dit de laisser mes doigts taper sur le clavier ce qui sort.

Nous sommes toutes connectées à cette force de la matrice. Par notre ventre.

Avez vous déjà senti cette puissante connexion, simplement en faisant un cercle de femmes debout, et en collant nos hanches les unes contre les autres ?

Comme un ventre unique. Un chaudron.

Cette partie au fond de moi me crie de l’intérieur qu’il est temps d’apporter du nouveau dans l’égrégore des femmes.
Surtout quand je repense

Quand je vois dans les yeux d’une amie cette peur de devoir aller faire un examen gynécologique quand je lui conseille face à des symptômes qu’elle me décrit. Je ne suis pas en train de diaboliser mes collègues gynécos, ils font comme ils peuvent, avec les moyens qu’ils peuvent. Je suis juste en train de dire que tout soignant qui prend en compte le ventre d’une femme devrait être sensibilisé à cette interface si subtile entre visible et invisible, et que tout mot, tout geste, même anodin peut avoir un effet délétère.

De mon côté, quand je repense à tous mes cours de gynéco, je sens qu’il y a du boulot…

On nous apprenait (marteler serait le verbe, car c’était une note éliminatoire au concours de l’internat si on ne le mentionnait pas)

– que chez les femmes qui font des infections urinaires à répétition, allez chercher si ces facteurs de risque : trop de rapports, non protégés et peut-être avec de multiples partenaires

– que chez les femmes qui ont des MST fréquentes : rechercez les facteurs de risque : épilation de la chatte + cunnilingus. Véridique ! Dans un diplôme universitaire de maladies tropicales, un grand professeur nous partage son avis.

Après colère, indignation, du dégoût, c’est de la compassion qui me vient. Nous, êtres humains, ne sommes que des bébés à l’échelle de l’univers. Le simple fait d’exprimer cette émotion et d’être lue me fait du bien. Je ne ressens pas le besoin d’aller voir ce professeur et de lui déverser ce que je ressens. En m’exprimant, je sais que je vous invite à aller explorer vos profondeurs, toucher vos injustices à la surface, et de les laisser s’exprimer.

Voilà chères sœurs, merci de m’avoir lu.

Et chers frères, merci aussi de m’avoir lu. Dans ce cheminement sur le féminin et le masculin, votre présence est essentielle. Quand nous nous retrouvons en cercle, entre sœurs, ce n’est pas pour vous exclure, vous critiquer. C’est pour retrouver cette connexion qui traverse le temps, se baigner de cette force, et mieux vous retrouver, une fois que nous avons accueilli le masculin et le féminin en chacune de nous.

 

 

Prête à contribuer à ce nouvel égrégore du ventre des femmes ? De quoi rêve votre ventre ?

 

Un ventre de lumière

Un ventre amoureux

Un ventre de douceurs

Un ventre sensoriel

Un ventre sexuel

Un ventre sensuel

Un ventre fécond

Un ventre gourmand

Un ventre délicat

Un ventre rondeur

 

Nathalie Geetha @DocLaLuna

 

LA SUITE …? 

 #synchronicity 
Ça vous est déjà arrivé d’avoir la sensation d’être guidée par un egregore de femmes? A travers l’espace et le temps?
C’est ce qui m’est arrivée quand j’ai écrit le post « le ventre des femmes » il y a quelques jours.
Sensation d’être connectée intimement à cet egregore quand je l’ai écrit, mais aussi quand j’ai lu tous les commentaires des femmes qui m’ont répondu. Je me suis sentie reliée à chacune de vous, et à quelque chose de plus grand que nous 🙏🏾
Et encore hier, quand avant de publier le post sur mon blog, je fais une recherche google et je tombe sur ce livre… « le ventre des femmes ».
 L’auteure met en lumière le paradoxe de l’état français qui dans les années 70 interdisait l’avortement en France, causant au delà des souffrances psychologiques de réels dangers sur la vie de milliers de femmes. Et au même moment, cet état permettait l’avortement et la stérilisation dans les post-colonies, à savoir les DOM TOM, sous prétexte de surpopulation. #whatthefuck !!!????
C’était il y a à peine 50 ans 👺😈👹👿👻☠️💩!!!
Je n’en reviens pas comment c’est passé sous silence. Je suis écœurée. Les mots sont trop faibles pour décrire ce que je ressens.
Mais je suis rassurée sur un point. Ma conviction profonde que nous avons en tant que femmes un capteur puissant: notre ventre. Comme s’il était un mini trou noir, un vortex capable d’alchimiser. Et que pendant des siècles il a été battu, barricadé, blasphémé, utilisé, maltraité. Et qu’il est temps de guérir ces blessures. A titre individuel. Mais aussi collectif. Je suis persuadée que si votre ventre vous parle, c’est qu’il est sensible à des mémoires de traumatisme et qu’aujourd’hui, il est prêt à transformer ses blessures en force créatrice. Au service de votre puissance. Et de ce que vous offrez au monde. Aho 🕊
PS dans mon histoire personnelle je commence à comprendre les pièces de mon puzzle. Pourquoi la vie, après m’avoir plongé dans la compagnie des Indes orientales la 1ère partie de mon existence, elle m’appelle dans les french west indies en Guadeloupe 💕

 

 

 

 

 

 

 


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