Voyage et Transformation

  « Je ne vous souhaite pas d’être heureux

mais vivants »

Christiane Singer

Qu’est-ce que ça vous fait de lire ces voeux de nouvel an ?

Quelles sensations dans le corps ?

« Sympa la nana… Bien sûr que je suis en vie si je lis ces lignes  » ?

Ou bien est-ce que vous saisissez cette subtilité entre « être vivant » et  » être vivant » ?

Entre être en survie, dans la roue du hamster et la folie de notre monde, et : être conscient de toute la magie de la vie qui circule en nous dans ce chaos ?

Lâcher l’obsession d’être heureux et pour être, simplement.

C’est dans cette énergie là que je commence l’année 2017.

L’année 1 en numérologie.

L’année de la renaissance, l’année où tout est possible, après la tempête.

Et j’ai goûté à cette saveur du renouveau dans un cadre bienveillant. Je me suis offerte une semaine en escapade avec moi-même, laissant mon amoureux, ma famille et mes amis, pour me replier sur moi-même.

J’avais besoin de nature, de temps de méditation, et de nourrir mes sens et mon esprit.

Dans cette impulsion qui ressemblait à une évidence, je réserve ma place, au village des pruniers, un monastère bouddhiste crée par Thich Nhat Hanh, moine d’origine vietnamienne et auteur de nombreux ouvrages sur la pleine conscience.

Je ne prêt pas attention  au  programme.

Je sens juste l’appel.

Une semaine avant le départ, j’ai un rendez-vous de travail avec mon éditrice pour peaufiner le livre que je vais sortir en mai. J’en ressors un peu bizarre, une sensation d’avoir été touchée à un endroit fragile, mais je n’arrive pas à mettre des mots dessus.

Je sens juste que mon corps a reçu un message, de laisser s’ouvrir une zone encore inexplorée chez moi, qui, par la suite m’aidera grandement pour développer un aspect du livre que je n’avais pas encore saisi.

La veille du départ, mon cœur se serre.

Quelle idée de faire l’ermite pour le nouvel an ?

Le corps et le cœur un peu fermés, je fais ma valise:

– un livre (Les Suspendu(e)s, de Sandrine Roudaut),

– une pelotte de laine (et oui, j’ai appris à tricoter il y a quelques jours, quelle métaphore merveilleuse de la vie!…),

– mon ordinateur et très peu d’affaires.

Arrivée sur les lieux, je découvre ma chambre de 10 m2 dans les bois, que je partage avec 3 autres femmes.

Loin de mes fantasmes de vivre dans la nature, c’est  une odeur nauséabonde de station d’épuration tout près qui m’accueille pour mes derniers jours de 2016.

Je sens mon corps se contracter, et se refermer, mes sens aussi. Je passe en mode survie:

je repère mon lit, ne fais pas l’effort d’échanger avec mes co-locatrices,  me brosse les dents, passe aux toilettes, et me couche pour oublier cette sensation de punition que je me suis infligée de me priver du monde festif de cette fin d’année.

Les journées sont rythmées par les activités des moniales:

Méditation à 6h du matin, Petit déjeuner partagé en pleine conscience, marche méditative, travaux méditatifs, enseignements bouddhistes, cercle de partage…

Pas de compte à rendre à personne, chacun participe à ce qu’il veut.

Pas d’interdiction de portable (sauf pendant les pratiques bien sûr).

Le lendemain, je fais l’effort de me réveiller pour la méditation matinale.

Je me recouche ensuite. Un mal de tête en plein milieu du front me prend.

Et d’observer ma respiration avec cette douleur aggrave cette dernière.

Pourtant, une partie de moi en profondeur est là. Solide comme un roc,  elle me susurre à l’oreille que tout ce qui se passe est juste, au bon endroit et au bon moment, et que tout ce que j’ai à faire, c’est de ne rien faire.

Cette voix me permettra de résister à la tentation d’aller voir les moniales pour leur demander de changer de chambre: l’odeur qui persistait, malgré nos tentatives d’encensement et une de mes voisines au ronflement de cantatrice…

« Reste, non pas comme une fatalité, mais comme une expérience. »

 » Qu’est-ce que ce malaise te révèle comme émotion ? »

La petite voix..Je tente de répondre à ces questions.

J’ai cru que l’émotion était  la colère au début.

Avec une certaine irritabilité et une fermeture du corps.

Mais en prenant le temps de creuser un peu plus (merci les méditations d’accueil de ce qui est présent, sans rien modifier…), j’ai découvert que j’étais habitée par l’émotion du dégoût.

Et oui! Je ne l’avais pas comptée comme une émotion primaire celle-là.

Mais le film d’animation Vice-Versa m’est revenu.

Et oui… Cette contraction de mon corps, cette fermeture physique et mentale,

ce brouhaha de pensées jugeantes, vers moi et les autres

c’était le dégoût qui se manifestait en moi.

J’aurais pu faire quelques postures de yoga, pour mettre en mouvement l’émotion, mais j’ai senti que j’avais besoin de m’immobiliser, pour l’observer.

Comme quand un prédateur observe sa proie de loin, le souffle profond, posé,

conscient des temps de suspension.

J’ai donc continuer les 2 jours suivants à rester dans mon monde intérieur très inconfortable, dans ma vision de survie, sauf au moment des méditations, des repas en conscience et quand je tricotais assise sur mon lit, où mon être s’ouvrait à nouveau,

le temps de la pratique.

Je n’avais toujours pas repris l’écriture de mon livre,

prévue avant de partir pour cette retraite.

Une partie de moi s’impatientait de plus en plus, alors qu’une autre, tel un bouddha souriant et bienveillant, me rassurait et m’inviter à m’installer en profondeur dans ma respiration. 

Le jour du 31 décembre, ça s’agitait dans les hameaux.

Préparatifs pour la soirée du nouvel an.

Les moniales et les frères avaient prévu des sketches, des temps de partage (à 300!) et une relaxation totale, allongée, dans l’immense salle de méditation, avant les 12 coups de minuit. Chouette programme.

Le matin, nous préparions notre intention pour 2017, à travers un atelier de présence à son corps et à son souffle, et des partages en trio ou en binôme.

L’idée était ensuite de noter son intention sur un papier, et de l’offrir au feu de la transformation, un grand  feu qui était prévu le soir après une marche méditative.

Plusieurs signes des derniers jours, et la mise en mouvement dans le corps que la soeur guidait l’exercice d’intention du matin, m’ont permis d’accoucher de mon intention:

 » Faire confiance à la vie « 

Et oui, de nombreux champs s’ouvrent dans ma vie en 2017, comment orienter de manière alignée mon activité avec l’iSi, le choix de mon lieu de vie dans la nature, et l’envie d’expérimenter le vivre ensemble avec des amis, la question de vouloir fonder ou pas une famille… Cette complexité me fait peur.

Et cette intention, ce mantra, me permet d’accueillir toutes ces interrogations.

Nous voilà à quelques heures de la fin de 2016.

L’ambiance est bienveillante, le ton de l’humour est délicieux, ainsi que le repas préparé par les frères et les soeurs avec amour.  (faire des nems pour 300 personnes, ça demande de la patiente!!!)

Mais ma douleur à la tête est toujours présente. Je commence à me sentir fiévreuse.

Beaucoup de monde, de bruit de fond entre les activités, de la fatigue.

Qu’est-ce que je fais ?

M’éclipser et retourner à mon hameau situé à 40 minutes à pied, dans le noir glacial ? Je reste. 

Arrive le temps de la relaxation profonde, guidée par une soeur à la voix douce, vers 22h.

Imaginez 300 personnes allongées en spaghettis dans une salle de méditation…

Les lumières s’adoucissent dans la salle.

Je trouve mon spot sur un matelas confortable, et m’abandonne.

D’abord au soutien de la surface  moelleuse sous mon corps qui s’offre complètement à elle. Puis à ma respiration qui me plonge dans des contrées lointaines.
Je reste connectée à la voix de la soeur, mais un champ de perception plus vaste s’ouvre.
Je ressens une sensation profonde, indescriptible.
Je me sens bien.


 » Tournez vous sur le côté droit pour accueillir votre posture du foetus »
Je reviens ici et maintenant, dans la salle.
Des ronflements de mes voisins me font sourire.
Je suis si bien dans mon foetus…
Je prends le temps de revenir en position assise, les yeux toujours fermés.
Petit à petit, tout le monde revient dans la salle, nous ouvrons nos yeux,
nous nous saluons les uns les autres.
A ma grande surprise, mon mal de tête a disparu. 
Je suis pleinement dans mon corps, quelques minutes avant minuit.
Car oui, ce voyage sur le tapis moelleux a duré presque 1h…
Je me sens de nouveau ré-alignée, en pleine possession de ma puissance (puits de sens).
Tous ces derniers jours jaillissent comme une évidence. 

Le malaise avec lequel je suis partie, le dégoût, nouvelle émotion que j’accueillais dans mon champ lexical des émotions, le mal de tête, la fermeture.
Dans une nature dépouillée de l’hiver en deuil de l’ancien.
Oui, tous ces éléments ont été comme des signaux de métabolisation de mon être à quelque chose. Peut-être à mon intention.
Le cadre de bienveillance, de présence et d’accueil inconditionnel  du lieu a aussi joué un rôle d’espace conscient et terreau de la métamorphose.
Et enfin, ma capacité à être dans l’observation de tout ces personnages qui prenaient place en moi, les accueillir et prendre le temps de les contempler,  sans tenter de les supprimer par une technique ou une autre.

A 2h du matin, dans mon lit, je me suis sentie parcourue d’une joie profonde.

Je suis au bon endroit, au bon moment. 

Dé-corticons de plus près cette transformation dans la matière…

 » Bon d’accord Nathalie, tu as vécu un  réveillon original, avec des moines déguisés en Beatles chantant « Come together, right now, mindfully »

Mais concrètement, qu’est-ce que tu as transformé ?  » 

Me demanderas-tu cher lecteur ?

Je ne suis pas sûre d’avoir transformé quoi que ce soit.

Je pense que je me suis laissée transformée.

Je me suis laissée métamorphosée.

Le lendemain matin, nous étions en 2017.
Matin de paresse, comme on les appelle aux Pruniers, quand le réveil est libre et qu’il n’y a pas d’activité prévue avant le petit déjeuner.
Je me sens habitée d’une énergie créatrice, je prends un calepin et un stylo, et mes pensées me dictent des mots clé.

Remplies de toutes ces idées, je m’installe dans mon lit, choisis une musique qui me prend aux tripes depuis l’été dernier. Je danse.

Enfin, mon être tout entier se laisse danser.

Terre, Eau, Feu, Air, Espace.

Je ressens tous ces éléments dans ma respiration et mon corps.

En sécurité dans ce vivant qui circule.

A un moment, les limites entre moi et le reste du monde commencent

à se perméabiliser.

Je  fais plus qu’une avec la musique. Avec la Vie.

Suspension hors du temps et de l’espace.

Pour atterrir de nouveau ici et maintenant.

Je suis en Vie !

Je reprends mon manuscrit sur mon ordinateur, et là, je complète quasi d’un trait toute la partie de mon livre dont nous avions discuté avec mon éditrice.
Cette partie, c’est mon expérience dans mes tripes  de la santé intégrative.
En baignant dedans depuis presque 10 ans, j’ai réalisé que j’avais plus à dire dessus que simplement « l’alliance du meilleur des progrès technologiques au meilleur des sagesses anciennes ».
Le dégoût, je l’ai transformé en osant  me dire,  partager mon besoin de vigilance et de discernement dans ce monde en fin de vie.
Oui, de belles choses avancent dans le monde de la santé et du bien-être.
Mais nous en sommes en train de reproduire quasi point par point les mêmes erreurs de l’ancien système. De refaire des boucles karmiques plus ou moins conscientes.
Et j’ai découvert que transmettre ces qualités de la vigilance et du discernement font partie de ma mission de vie.
Dans la symbolique des chakras,  le discernement appartient au 5ème chakra, celui de la gorge.
Où se manifeste le dégoût de manière physiologie,  si on nous présente un plat peu désirable?
Contraction du diaphragme abdominal, et contraction de la gorge…
Dire ma vérité au monde

Celle qui est juste et alignée, pas en réaction à une situation. 
Non, la vie n’est pas rose tous les jours, non la santé intégrative ce n’est pas rose non plus, il y a des résistances, des questionnements, des claques, des ruptures.

Non, la santé intégrative ce n’est pas le monde des bisounours où tout le monde s’aime, où il y a les gentils d’un côté, et les méchants de l’autre.

Nous avons le meilleur, comme le pire, en chacun de nous.

Nous sommes tous humains. Et ce qui nous permettra d’évoluer dans ce monde de transition, ce sont les prises de conscience individuelles, et collectives, de tous ces petits détails entre les lignes, de tous ces messages subliminaux médiatiques, politiques et autres.

J’ai réalisé que j’ai fuit la confrontation depuis 3 ans. 
De peur de blesser, d’exclure ou de juger.

Je me sentais obligée d’inclure toutes les personnes, les projets, les acteurs, car je pensais que c’était la définition de l’intégratif.
Oui, ça reste la définition d’une vision de l’intégratif: le « ET », à la place du « OU »

Mais cet élan ne vient plus d’une obligation d’intégrer.

Il vient d’une évidence.
L’autre évidence c’est d’exporter la pensée intégrative, de décloisonner  notre société.
Dans l’éducation, dans l’économie, dans la politique, dans les médias…

Ce qui a jailli, cette nuit du 31 décembre, c’est ma singularité.

Je suis un pont entre 2 cultures, 2 mondes
(la santé conventionnelle et la santé complémentaire et alternative).
Et dans ma mission, la clarification, la verbalisation, le discernement et la vigilance sont des alliés indispensables pour casser la boucle karmique que nous sommes tous en train de construire inconsciemment dans l’écriture du nouveau monde. 

Nous sommes dans une période propice pour commencer ou re-commencer (année 1), riches de moyens qui nous permettront de ne pas avoir à nous trimbaler les mécanismes inconscients de pouvoir, de contrôle, de manipulation sur l’autre.

Des moyens simples, mais qui relèvent du travail sur soi.
Dans la tête, dans le coeur et dans le corps.

Être suspendue, c’est 

« Danser entre la compassion et l’empathie
Entre dissidence et union
Entre indignation et émerveillement »
Comme nous le partage Sandrine Roudaut.

Accueillir les oxymores de la Vie. 

Les 4 jours restants aux Pruniers, mon calepin m’a suivie partout, car mes éclairs d’écriture intuitive ont continué de me traverser.
J’ai pu danser entre mes temps d’écriture en solo, mes rituels de méditation et de marche en groupe, et de dégustation sensorielle de mes repas qui ont nourri mon corps
mais aussi mon âme.
J’ai aussi pu vivre des moments de partages profonds, fais de belles rencontres,  jouis de synchronicités magiques, pour retrouver les bras de mon amoureux une semaine plus tard, emplie de gratitude pour la vie.

Cette semaine a été un saut quantique pour moi, une ouverture d’un champ de mon être que je n’avais pas encore exploré. Grâce à mon émotion du dégoût, que j’ai pris le temps d’accueillir et que la vie (et pas moi) a transformé, j’ai pu donner naissance à toute cette partie du livre qui le rend à présent complet, intégratif et singulier. 

Et je pense que d’autres graines ont été plantées pour 2017…

En retrouvant facebook à mon retour, je lis cette citation de Christiane Singer, le titre de cet article, et pour moi c’est une évidence de ce que j’ai vécu.

Là je réalise que ce n’est pas le bonheur que j’ai envie de te souhaiter pour 2017.

C’est de vivre le plus souvent possible cette magie de la vie.

A force de vouloir le bonheur, le risque est d’externaliser cet état.
C’est aussi donner le pouvoir à l’autre de créer en nous de nouveaux besoins à partir de cette quête.

On le voit au niveau médiatique, le bonheur ça vend bien.

Une autre tendance médiatique, le bonheur a l’air toujours fun et positif.

Or, le bonheur profond, c’est d’accueillir les flux de la vie, avec la conscience des moments agréables comme les moments désagréables, car ce sont ces contrastes qui sont porteurs de possibles transformations.

Pour moi, il n’y a pas d’émotions positives ou d’émotions négatives. 

Les émotions sont toutes des messagères de la vie.

Aimons les toutes, pour ne pas se laisser dominer,

mais leur rendre leur puissance transformatrice. 

Cette expérience pour moi a été intégrative car

 la guérison a opéré à plusieurs niveaux.

Les signes physiques, émotionnels, mentaux, ont été accueillis sans fard

Puis les connecter entre eux, leur donner du sens dans une vision vaste leur a permis de suivre leur cycle, pour m’apporter un épanouissement et un alignement avec qui je suis.

GRATITUDES

Merci Carine Planche la fée pour m’avoir offert l’amulette du tricotage pour m’accompagner dans ce périple

Merci à Sandrine Roudaut pour sa douce voix de Suspendue présente pendant cette transformation

Merci à Cathy Maillard pour m’avoir guidée dans l’exploration des parties encore invisibles de mon livre.

Le livre ?

#Ma Détox colorée.

Mon engagement, mes tripes dans ce monde en transition,

et vigilance, discernement, pour ne pas répéter les boucles karmiques.

Avec un voyage sensoriel et intégratif dans les 7 portes colorées des chakras.

Yoga, Ayurveda et Ecriture seront nos guides.

Tu ne connais pas encore Christiane Singer ?

Je te laisse savourer son énergie dans cette interview

Nathalie Geetha

Créatrice de voyages sensoriels

Nature d’hiver inspirante pour revenir à soi…


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